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Bibliothèques Sans Frontières : où donner ses livres

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Bibliothèques Sans Frontières : où donner ses livres

Chaque point de collecte de Bibliothèques Sans Frontières est une boîte de dépôt installée chez un relais francilien : mairie, médiathèque, tiers-lieu, librairie. L’association y reçoit toute l’année des livres en bon état, pour tous les âges, dans toutes les langues, munis d’un code-barres. Ailleurs en France, gardez vos cartons pour sa grande collecte de printemps.

Où trouver un point de collecte Bibliothèques Sans Frontières

Beaucoup de donateurs tapent « bibliothèque sans frontière point de collecte » au singulier ; le nom exact prend deux s. Fondée en 2007 pour faciliter l’accès au savoir, en France comme dans les pays en crise, Bibliothèques Sans Frontières centralise et trie ses dons en Île-de-France. Son réseau de dépôt permanent se trouve donc là.

Les boîtes permanentes d’Île-de-France

L’association invite à déposer vos livres toute l’année dans des boîtes de collecte installées chez ses partenaires, et renvoie vers une carte en ligne. La version consultée le 13 octobre 2026, intitulée « État des lieux été 2026 », place ces boîtes dans des lieux très différents :

  • des mairies parisiennes, dont celles de Paris Centre, du 9e et du 10e arrondissement ;
  • des médiathèques, à Vincennes ou dans le centre-ville de Saint-Denis ;
  • des tiers-lieux comme La REcyclerie ou La Cité Fertile ;
  • une maison de la vie associative, une librairie et un hôtel parisien.

Cette diversité a une conséquence pratique : chaque boîte suit les horaires du lieu qui l’héberge, pas ceux de l’association. Consultez la carte juste avant de partir et vérifiez ces horaires. Pour plusieurs cartons, appelez l’accueil, car une boîte pleine déborde vite.

L’entrepôt d’Épône, pour les gros volumes

La même carte signale un dernier point de dépôt : l’entrepôt d’Épône, dans les Yvelines, où l’association rassemble les dons avant le tri. Sa fiche précise que les dépôts n’y sont possibles que le lundi et le vendredi, et recommande d’appeler avant de se déplacer. Pour un déménagement ou une succession, cette adresse évite de disperser les cartons entre plusieurs boîtes.

Ailleurs en France : la collecte de printemps

Hors Île-de-France, le rendez-vous est annuel. La très grande Collecte de livres a réuni 410 000 ouvrages du 18 avril au 10 mai 2026 dans toute la France, d’après le bilan publié par l’association, qui annonce une nouvelle édition au printemps 2027.

D’ici là, ne comptez pas sur un passage à domicile. L’association indique ne plus proposer d’enlèvement de livres chez les particuliers, en raison d’un important afflux de dons. Stockez vos cartons dans une pièce sèche : un livre qui a pris l’eau ne passera pas le tri.

Caisse en bois garnie de livres aux couvertures unies dans le hall clair d’une mairie

Les livres acceptés, et ceux qui restent sur l’étagère

Le principe est large. L’association prend des livres pour tous les âges, dans toutes les langues et de tous genres, à une double condition : qu’ils soient en bon état et munis d’un code-barres ou ISBN. Poche, bande dessinée ou essai en espagnol : tout passe.

Quatre familles d’ouvrages sont en revanche exclues par la page de dons :

  • les manuels scolaires ;
  • les dictionnaires et les encyclopédies ;
  • les revues et les magazines ;
  • les guides de voyage de plus de cinq ans.

La logique se devine sans peine. Un manuel suit des programmes qui changent, une encyclopédie vieillit plus vite qu’un roman, un vieux guide envoie son lecteur vers des adresses fermées.

Pourquoi le code-barres compte

Le numéro ISBN identifie une édition précise. Pour une association qui catalogue chaque livre retenu, cette référence évite une saisie titre par titre. Un livre qui n’en porte pas, édition ancienne, tirage hors commerce ou recueil relié à la main, sort de ce circuit. Il trouvera mieux sa place chez un bouquiniste.

Les titres attendus en priorité

Un détail de la foire aux questions change la façon de remplir un carton. Les livres jeunesse récents et en français, destinés aux 6 à 18 ans, sont ceux que l’association réclame en priorité. Elle va jusqu’à suggérer d’en acheter un exprès pour le don. Placez donc les séries pour adolescents en tête de carton.

Préparer un carton qui passe le tri

Le tri se fait à l’entrepôt, par des bénévoles. Chaque livre inutilisable leur coûte du temps, chaque carton éventré un tas de pages à ramasser. Quelques gestes à la maison changent la donne :

  • feuilletez chaque livre et retirez photos, lettres, tickets ou papiers personnels glissés entre les pages ;
  • écartez les volumes humides, tachés de moisissure ou qui sentent la cave ;
  • mettez de côté les dos cassés et les pages volantes, destinés au recyclage ;
  • préférez des cartons de taille moyenne, qu’une seule personne soulève sans effort ;
  • rangez les livres à plat ou debout et serrés, jamais en vrac ;
  • fermez chaque carton au ruban adhésif avant le dépôt de livres.

Un geste reste proscrit : laisser un carton au pied d’une boîte pleine ou devant un lieu fermé. La pluie le détrempe en une nuit, et le relais hérite d’un déchet au lieu d’un don.

Le vidage d’une bibliothèque libère souvent plus qu’une pile de romans : le meuble lui-même. Une étagère en bon état intéresse une ressourcerie ; abîmée, elle rejoint les bennes de la filière mobilier plutôt que le trottoir.

Mains gantées répartissant des livres en deux piles sur une table d’entrepôt

Du carton aux lecteurs : ce que deviennent vos dons

Chaque année, l’association collecte plus d’un million de livres neufs et d’occasion auprès de particuliers et de professionnels. Tous rejoignent son entrepôt de la région parisienne, où des bénévoles les trient. Les ouvrages trop abîmés partent au recyclage, transformés en pâte à papier. Les autres sont catalogués.

Le catalogue compte près de 40 000 références, et l’association insiste sur un point : aucun livre n’est imposé à ceux qui le reçoivent. Chaque titre est retenu après une analyse des besoins du public visé. Votre don de livres n’atterrit pas au hasard sur une étagère, il attend le lecteur qui en a l’usage.

Les microbiblis, en France et à Mayotte

Les microbiblis sont de petits lieux de lecture et de rencontre, animés par des habitants, des associations, des commerçants ou des collectivités. Chaque lauréat de l’appel à projets reçoit une dotation de 800 livres, et le réseau compte 126 microbiblis en fonctionnement, selon la page du programme. Les appels à projets, national et mahorais, sont aujourd’hui clos.

Mon sac de livres, pour les élèves qui arrivent

Ce programme vise les élèves allophones nouvellement arrivés en France, scolarisés en UPE2A, les unités pédagogiques qui les accueillent du CP à la 3e. Chacun reçoit cinq livres choisis selon son âge, son niveau de français et ses goûts. En 2024, 3 000 élèves de 196 écoles et collèges ont reçu le leur, soit 15 000 livres répartis entre cinq académies, dont Paris, Créteil et Strasbourg.

Ma première bibliothèque, des livres à soi

Ici, l’enfant garde ses livres. Le programme s’adresse à des élèves de milieux défavorisés, de la petite section de maternelle à l’entrée au collège. Chacun remplit un questionnaire sur ses goûts, puis reçoit une dizaine d’ouvrages : cinq communs à la classe, cinq choisis pour lui. Le bilan publié par l’association fait état de 10 143 livres remis à environ 1 000 enfants, dans 15 établissements de Mayenne et de L’Haÿ-les-Roses, tous issus de dons de particuliers et de professionnels.

Bibliothèques communautaires et Ideas Box

L’association a été créée pour collecter des livres en France, les inventorier et constituer des fonds documentaires remis à des universités francophones à l’étranger. Aujourd’hui, un livre trié en région parisienne peut aussi rejoindre une bibliothèque communautaire au Sénégal.

Sur le terrain humanitaire, présent en Haïti depuis 2010, l’association déploie aussi les Ideas Box, des médiathèques mobiles conçues en 2014 par Philippe Starck. Une centaine sont installées, notamment en Ukraine, au Bangladesh, au Liban, en Colombie, à La Réunion et en France.

Sac en toile écrue garni d’albums jeunesse posé sur un pupitre de classe

Solibri : la seconde vie des livres en surplus

Tous les livres en bon état ne répondent pas aux besoins des programmes. Un best-seller reçu en multiples exemplaires, un traité technique pointu, un roman adulte en surnombre : ces titres n’ont pas leur place dans un sac d’élève ou une microbibli de village.

Ils ne partent pas pour autant au pilon. L’association les confie à Solibri, une entreprise sociale qu’elle détient en totalité, qui les revend sur le marché de l’occasion, notamment par la boutique en ligne de Label Emmaüs. Cette coopérative, présentée dans notre page sur les dépôts d’objets chez Emmaüs, sert ici de vitrine à des livres d’occasion venus d’un autre circuit.

Pour vous, un livre accepté au tri reste un livre lu, sur une étagère solidaire ou chez un acheteur d’occasion.

Livres refusés : les autres portes

Le carton des livres refusés n’est pas une impasse, à condition de le diriger vers la bonne filière.

Les encyclopédies, les manuels périmés et les piles de magazines ont un débouché simple : le recyclage du papier. Retirez les couvertures plastifiées, puis suivez les consignes de votre commune, détaillées dans notre article sur les bacs et colonnes de tri.

Les livres anciens méritent un autre traitement. Une édition originale, un ouvrage dédicacé ou un volume relié du siècle dernier relève davantage du bouquiniste que du don de masse. Avant de vous en séparer, prenez le temps d’estimer une pièce de collection : un libraire d’ancien vous dira si elle mérite une vente ou une bouquinerie solidaire.

Pour les romans courants, hors Île-de-France et hors période de collecte, plusieurs relais locaux existent :

  • les bouquineries des groupes Emmaüs, qui revendent sur place ;
  • les ressourceries et recycleries de votre agglomération ;
  • les boîtes à livres de quartier, pour quelques titres à la fois ;
  • les médiathèques, dont certaines organisent des ventes ou des bourses aux livres.

Donner plus qu’un carton

Votre aide peut prendre d’autres formes. L’association recrute des bénévoles pour le tri à son entrepôt d’Épône, de manière ponctuelle ou régulière, ainsi que pour des missions à distance.

Une entreprise peut aussi organiser une collecte auprès de ses salariés, et un commerce ou une structure culturelle accueillir une boîte de collecte : la démarche commence par le formulaire de contact de l’association.

Prochaine étape : triez votre bibliothèque en trois piles, à donner, à recycler, à faire estimer. Ouvrez ensuite la carte des points de dépôt sur le site de l’association, vérifiez les horaires du lieu retenu et partez avec des cartons fermés. Vous habitez loin de Paris ? Gardez la pile au sec et notez le printemps 2027.